Dans les cadrages les plus exigeants, il y a le carré. Que vos photos soient prises avec d’antiques appareils argentiques ou que vous avez croppé dans les pixels pour obtenir ce ratio, n’hésitez pas à nous partager ici vos meilleures photos en carré ! Et avec l’histoire de la prise de vue en bonus ![]()
Le carré était la forme première de composition pour les projets architecturaux des étudiants de l’Institut où j’enseignais la photographie et l’acoustique, le point de départ.
Au début, j’étais cinéaste, donc plus orienté rectangle, horizontal de surcroît.
J’ai fait mes premiers pas en 6x6 avec un vieux Yashica mat.
Une révélation : rigueur et liberté.
Mais utilisation de matériel numérique professionnellement.
Récemment, retraité, j’ai été victime du covid, avec atteinte au niveau visuel.
Impossible de continuer la photo traditionnelle, impossible d’utiliser un viseur numérique, impossible de passer du temps devant l’ordinateur, …
Comment arriver à continuer à photographier ?
J’ai réessayé le 6x6 avec un Rolleicord. Visée difficile, je ne sais plus fixer. J’ai acheté un vieil Olympus 6x6 puis un vieux Mamiya 6x6, années 50.
Le Mamiya, avec aide à la mise au point, m’a libéré.
Le bonheur retrouvé.
Mais bémol : coût et toujours difficulté de passer du temps devant l’ordinateur : scan, …
Le Mamiya reste mon vaisseau amiral.
Pour le plaisir du quotidien, j’ai détourné un vieil Olympus numérique en visant sur le dos placé à 90 degrés. Avec mise au point automatique. Sous contrôle, mais ne nécessitant pas de fixer.
Le noir et blanc, le carré, l’essence d’une vision poétique malgré le handicap.
Je continue. J’ai 77 ans aujourd’hui. Je continue. Et c’est bon.
La photo au carré! Vous avez raison ce n’est jamais facile. Plutôt bien adaptée au portrait me semble-t-il. Personnellement ma préférence va nettement au 24/36.
Donc, si j’ai des images carrées c’est toujours par recadrage. Parfois le format s’impose malgré tout comme dans l’image que j’ai choisie pour ce post.
Ce jour là… En sortant de chez une amie habitant un immeuble du 18 ème arrondissement de Paris, j’ai été happé par cette vue de son escalier depuis le cinquième étage. Je suis rarement sans appareil photo avec moi; un Leica X1 cette fois là. En regardant les images, il m’a semblé que le carré s’imposait pour enfermer cette spirale et ces cercles. Le centre ma paru ressembler à l’oeil bleu porte-bonheur des maltais.
Je ne suis pas un habitué du carré, mais récemment j’ai réinstallé une appli sur mon iPhone que j’avais il y a longtemps : hipstamatic. Elle reproduit des looks d’images “vintage” et permet de choisir des objectifs, des pellicules, etc… c’est amusant et ça force à prendre des photos carrées.
Lorsqu’il faisait trop froid ou trop mauvais temps pour sortir mon appareil, j’ai pris quelques images. Certaines ont donné des résultats dont je suis très content.
J’aime beaucoup le carré coloré.
Merci
C’est la fenêtre d’un bus, un jour de pluie ![]()
Un petit clin d’oeil à la rédaction !
Un travail sur le Geste du Saunier, paysage particulièrement géométrique. Pour ma part, jamais de recadrage. De mon point de vu, le travail au carré est la volonté de définir une composition, une géométrie - jouer beaucoup plus avec le cadre, le carré.
Le cadrage horizontale ou verticale est d’abord et avant tout la volonté de montrer un espace, une personne, un objet. Rentrer dans la profondeur. Le carré est plus souvent un jeu de surface ou un découpage / collage des éléments qui composent cette surface. Une de mes influences pour ce travail serait Matisse.
Un jour, je suis un jour tombé sur une pochette d’album représentant un paysage redécoupé en mosaïque dont les tuiles avaient été mélangées. Pochette d’album oblige, elle était au format carré, et j’ai cherché à explorer une voie similaire avec mes propres marottes.
La recette me paraissait pouvoir être automatisée et améliorée, j’ai donc codé mon propre script en Python afin de redécouper une image en autant de carrés souhaités (pivotés ou non), puis de réagencer aléatoirement l’ensemble.
Afin de ne pas m’éparpiller, je me suis finalement arrêté sur des photos de ciels dans lesquels se découpait au moins un oiseau. Imprévisible par excellence, ces derniers m’ont permis de baliser l’ensemble d’une série photo. Chaque tirage a eu parfois des centaines de variations, et la phase de sélection a aussi été une école du compromis, où ce sont parfois les couleurs, le contraste, ou la continuité des tuiles qui ont prévalu.
Je vous en propose deux dans ce post :
La première a été prise à Lannion. Je suis arrivé pile au moment du lever de soleil au sommet de Brélévenez, et j’ai réussi à capturer un goéland qui naviguait entre les vagues de nuages. Je vis dans le Grand-Est, et je me suis dit qu’il serait pas mal d’avoir un volatile un peu différent des autres dans cette série. Même si, à cette distance, son espèce ne saute pas forcément aux yeux ! Lors de la phase de sélection, j’ai choisi finalement cette variante qui m’évoquait la forme d’une pyramide.
D’un nombre beaucoup plus réduit de tuiles, cette photo-ci a été prise pendant un crépuscule rougeoyant à Strasbourg. Cette fois le nombre de tirages n’a pas été excessif, et je me suis arrêté sur celui-ci pour la belle ligne blanche qui divise la partie supérieure du carré en deux, avec les oiseaux qui semblent tournoyer autour.
Je ne veux pas inonder ce fil donc je me tiendrai à ces deux seuls clichés, mais voici un lien vers la série complète si vous en avez l’envie et la curiosité : Le ciel leur appartint | Flickr
J’aime beaucoup ! C’est intriguant au premier regard et le procédé est interessant et ludique semble-t-il
Inspirant en tout cas, même si je suis pas sûr d’avoir envie de me diriger dans ce genre de « montages »
Merci beaucoup @Suistaphoto !
Amusant ton montage ! Vieux souvenir, une commande en 1999 pour Cachou Lajaunie, j’avais collé et empilé des boîtes pour faire un échiquier, j’ai tout pris au Pola, 99 photos. J’ai ensuite toujours au pola pris les boîtes une à une que j’ai découpé et collées sur les autres polas. Le tableau faisait 100 x 100
Oh pétard, bien joué ! ![]()
Tu as fait une photo avec ton iPhone qui ressemble fort à du Saul Leiter.
La photo en couleur dans la fenêtre de bus.
Bravo !
J’adore vraiment cette image.
Oh merci
C’est un sacré compliment… j’aime beaucoup le travail de Leiter justement. Et cette photo a plutôt fait l’unanimité. J’en suis content, même si j’aurais presque préféré la faire avec mon appareil photo… il paraît que le meilleur qu’on ait est celui qu’on a toujours avec soi…
Trop bien ! Et quel job !
On peut maintenant choisir des formats différents dans Hipstamatic, mais le format carré historique est, de mon point de vue, celui qui s’accorde le mieux avec les ambiances Hipsta.
Oui, c’est une contrainte que je préfère. On peut également récupérer la photo “originale”; mais j’aime mieux l’idée de ne plus avoir d’influence sur la photo une fois qu’elle a été prise.
Dans le genre classique : boîtier en mains et promenade attentive, aucun effet spécial, juste un peu de brouillard…













