Pourquoi (pour quoi) prenez-vous des photos?

Une question a priori simple… mais peut-être pas tant que ça ?

Pour quelle(s) raison(s) photographiez-vous?

Ça m’intéresse particulièrement est de connaître ce qui vous anime, ce qui vous fait embarquer votre appareil avec vous (au lieu par exemple de vous contenter de votre smartphone).

Avez-vous une intention particulière lorsque vous prenez votre appareil avec vous? Ou il vous accompagne par principe?

Pour ma part, depuis que je me suis remis à la photo l’automne dernier, mais déjà lorsque j’ai eu mon premier reflex entre les mains (le Minolta argentique de mon père, ou le Nikon de mon oncle puis mes Canon numériques EOS 350D puis 550D), ça se joue au niveau kinesthésique, sensitif… Avoir ce boîtier dans les mains (aujourd’hui un hybride Fujifilm X-T50), l’approcher de l’œil, cadrer,voir la future image qui se dessine dans le viseur, manipuler la bague d’ouverture ou la molette du temps de pause, appuyer sur le déclencheur, et entendre le clic de l’obturateur… j’y ressens quelque chose d’apaisant et d’absolument plaisant.

Pour le moment, c’est surtout ça qui me fait prendre mon appareil photo: ce lien aux sens. Au point que je photographie parfois un truc insignifiant dans mon salon ou ma cuisine. Juste pour le plaisir de ressentir tout ça. Je crois que c’est une forme de méditation pour moi.

Donc je photographie pour ça. Parce que ça me fait du bien. Et pour le moment je n’ai pas besoin d’un projet, d’une intention extrêmement définie ou d’avoir “quelque chose à dire”. Je fais des photos. Parfois j’ai des “thématiques” qui se dessinent et je crée des petites séries. Mais à l’heure actuelle, ce n’est pas le moteur.

Et ça changera peut-être.

Et vous alors ? C’est quoi votre moteur ?

1 « J'aime »

Pour moi, la photographie est avant tout un moyen de m’évader de l’instant. C’est un sentiment assez particulier : dès que j’ai l’œil dans le viseur, je me sens totalement déconnecté de tout. C’est ma bulle, mon moment de retrait du monde.

L’appareil devient alors bien plus qu’un simple outil technique ; il me permet de créer une autre réalité. Je le vois vraiment comme le prolongement de ma vision de ce qui m’entoure. Dans chaque cliché, j’ai la sensation de donner un peu de moi-même, d’y injecter une part de ma propre sensibilité.

C’est une relation presque organique avec l’objet : parfois, je me dis que mon appareil est un morceau de mon cerveau. Il ne capture pas seulement la lumière, il capture ma manière de penser et de ressentir l’environnement.

3 « J'aime »

Merci pour ce partage :blush:

J’ai parfois le même sentiment de bulle, et en même temps (en nature par exemple) d’être pleinement à l’écoute et de faire partie de ce qui m’entoure.

1 « J'aime »

j’ai commencé la photo en lien avec mon métier de travailleur social en photographiant des séjours d’éloignements dans les alpes avec des demandeurs d’emploi, très très éloignés du travail pour différentes raisons (personnelles sociales ou professionnelles).

j’ai fait donc pour justifier des sommes mises par les finances publiques pour des actions couteuses :des diaporama des activités multi dimensionnelles de ces actions, des images du comment les actions ce faisaient avant pendant et après

à l’époque c’était des diapos et des négatifs, les diaporama servaient de bilan faits par les stagiaires aux administrations présentent, et de support aux stages suivants pour monter leur planning de séjour de 3 semaines.

Je me suis retrouvé avec des millions de diapos qui sont entrées en agence d’illustration, qui par la vente finançait les film pour les suivant…..ensuite j’ai fréquenté les forums j’en suis devenu modérateur, puis administrateur de plusieurs dont celui du magazine photo….. et ensuite je m’en suis détaché pour développer une transition professionnelle du social à la retouche d’image puis au statut pro de la photo…

j’étais d’abord dans la transcription du réel et le documentaire, sur les parcours et j’ai ouvert la porte du nu grâce à Bertrand d’ailleurs qui m’a envoyé ma première modèle (Juliepomme) et ça a été une autre voie qui m’a poussée vers la mise en scène, et de multiples axes …la mode, le culinaire la pub ect …..

pour moi photographier à quelques choses d’un prolongement de mes métiers antérieurs et révèle sa qualité par le relationnel qu’on construit avec les gens photographiés, pour la mémoire et l’histoire personnelle ou pour plus si l’on est bon et que ces images restent mais ce sera aux autres de le décider !

3 « J'aime »

A ce stade de ma vie, sans aucun doute plus près de la sortie que de son entrée—mais bon on ne sait jamais, les toilettes, c’est dans quelle direction ?— photographier est devenu une façon de vivre, une forme de philosophie exprimant une identité plus profonde, de me connecter au réel tout en maintenant une distance, de m’inclure dans le paysage tout en l’esthétisant.

La photographie m’a toujours accompagné dans des moments heureux mais surtout dans des moments difficiles, me permettant de me concentrer sur l’extérieur plutôt que de me lamenter sur moi-même ou sur ce que je vivais. D’une nature un peu timide, j’ai pu rencontrer les autres grace à la photographie (tant par sa pratique que par son enseignement), de me définir par rapport à eux en apportant quelque chose à partager à la table. Photographier (pour paraphraser un livre célèbre par un photographe tout aussi célèbre) c’est, pour moi, voir, ressentir, analyser, mettre en forme/esthétiser, exprimer et créer. Oui, “créer”, car le but pour moi c’est toujours l’image finale imprimée. Il y a un défi et une jubilation à produire une image bien tirée/imprimée même si du laboratoire humide et sombre, l’antre, au poste et l’imprimante numériques il faut passer par beaucoup de frustrations pour parvenir à ses buts : pas de difficultés, pas de grandes joies ! [ ;o), oui ça peut sembler un peu masochiste mais c’est aussi une façon de (se) démontrer à quoi l’on tient]. Le ttirage invite plus à la contemplation, l’analyse de ses motivations, de ses échecs et de ses accomplissements que l’image sur écran. Tout cela vient peut-être de plus loin, des images que l’on recevait à l’école après tant de « bons points » (oui je sais, ça date mais c’est une bonne métaphore !), de mon goût pour le dessin puis la peinture en y ajoutant une certaine rapidité d’exécution (en tout cas perçue comme telle) et sans vivre la déconnection de l’expérience directe, du mouvement de la vie, des autres que ces activités engendrent.

Tôt inspiré par les Cartier-Bresson, Doisneau, Ronis, Weiss, et autres Dityvon, Nori ou Le Querrec, et frustré par ces instants donnés que je ratais par manque d’appareil photo disponible au bon moment, j’en suis arrivé à ne plus me séparer de mon outil de pêche visuelle. L’éternel jeu sophistiqué de la paire frustration et récompense du travail assidu. Drôle de jeu mais qui peut payer à la longue si on sait être patient, apprendre .

Donc pourquoi je continue à prendre des photographies : essentiellement pour le plaisir— le plaisir d’être plus attentif au monde qui m’entoure et surtout sa lumière (toujours changeante, capricieuse, réclamant attention, compréhension et réactivité), le plaisir de produire sinon de créer des images (= matérialiser des expériences, des sentiments, des pensées, des intuitions, et souvent la combinaison simultanées de tous ces ingrédients). Peut-être quelque part l’impression de laisser une trace, de partager des fulgurances, de partager ces plaisirs saisis « à la sauvette ».

1 « J'aime »

Depuis toujours j’aime les images, les photographies. En en voyant certaines je pensais, comme j’aurais aimé la faire, celle-ci. Je m’y suis donc mis.
Je suis de la famille des photographes-promeneurs, sans projet en particulier, mais aux aguets de tout. Les photos viennent à moi en fait.

Promeneur attentif. Je regarde. J’attends. Sensible aux harmonies de couleurs, de formes, à l’agencement de personnages dans une scène. J’aime cadrer, le plus souvent possible.

Initié à l’époque de l’argentique, je ne multiplie pas les vues à l’infini. C’est moins vrai avec des sujets très mobiles.

Je ne crois pas du tout au principe qu’il faut sortir avec un but précis pour obtenir de bonne images.

1 « J'aime »

Que ce soit en paysage ou en portrait, pour essayer de capter une émotion reçue ou envoyée. Et aujourd’hui, précisément, la disparition de cet acteur me conforte dans cette quête.

3 « J'aime »

Je réfléchis à cette question depuis quelques semaines déjà… J’ai fini par trouver le mot qui exprime le mieux pourquoi j’aime la photographie : émerveillement. Photographier c’est pour moi une découverte permanente, une façon d’observer et de saisir ce qui s’offre à ma vue sous son meilleur jour, une incitation à chercher le beau lorsqu’on se dit qu’il n’y a rien à photographier d’intéressant, en se rattachant à quelques détails anecdotiques, à un trait de lumière ou une ombre, à un équilibre fragile, ou en explorant le potentiel de mon matériel (quelle source d’émerveillement m’apporte l’exploration de l’argentique et des objectifs anciens !). Même sans appareil photo, je ne peux m’empêcher de regarder autour de moi avec l’œil du rêveur-photographe.

Le ravissement du photographe, c’est aussi ce qui m’empêche de photographier la pauvreté, la misère, la violence, la tristesse, que je laisse au reporter-photographe.

2 « J'aime »

Cela m’arrive aussi.

2 « J'aime »

Merci pour tous ces partages :grinning_face: . C’est inspirant et ça me permet de préciser mon “pourquoi” :slightly_smiling_face: Il y a effectivement quelque chose de l’ordre de “figer” ou “d’enregistrer” mon regard sur le monde, même s’il n’est pas tellement réfléchi mais plutôt instinctif… avec cet “oeil du photographe” qui traîne désormais régulièrement sur des détails même quand le boîtier n’est pas sous la main…

Une notion aussi de plus en plus primordiale pour moi de prendre le temps, d’arpenter, de regarder, d’observer… de ralentir tant en ville que dans la nature…

Et j’aime beaucoup aussi cette idée du ravissement, de l’émerveillement face à des détails parfois insignifiants pour la majorité, mais si esthétiques ou si intriguants pour mes yeux qui y voient autre chose, un potentiel, des lignes, des courbes, de la lumière…

1 « J'aime »

Bonjour,

La réponse restera forcément incomplète dans ce cadre limité. Je reprendrai un argument que j’ai déjà écrit, pour cette même question, sur une plateforme d’association de photographes professionnels. Pour une part de mon intérêt, celui d’être surpris de constater dans la photographie de rue, que même dans ce chaos animé, des symétries et contrastes multiples se révèlent dans l’instant de la prise de vue…

2 « J'aime »