Le fil des objectifs anciens

Vous aimez les “vieux cailloux”, leur rendu inimitable et leur bokeh unique ? Vous êtes un acheteur compulsif sur ebay, leboncoin, le brocanteur ou le vide-grenier du quartier ? Ce fil est fait pour vous !

Vous pourrez l’alimenter avec des images réalisées à l’aide de ces optiques d’autrefois et nous en faire une petite présentation.

Je suis atteint d’une maladie incurable : le SACOA.

Cette maladie ne vous dit rien ? Elle est pourtant redoutable et touche en particulier les photographes. Non, elle n’a rien à voir avec la belle ville de SOCOA sur la Côte Basque, même s’il y a sans doute là-bas des photographes atteints aussi. Il est vrai que souffrir de SACOA à SOCOA, c’est assez truculent. Bref.

Le SACOA, c’est…

Le Syndrome d’Achat Compulsif d’Objectifs Anciens.

On l’attrape dès le premier contact avec sa première optique en M42, un Hélios 44-2 58mm f2 pour ma part, puis elle se développe, de manière insidieuse mais certaine. Une fois qu’on a goûté aux objectifs anciens, telle une drogue il vous en faut toujours d’autres, toujours plus.

Car ces optiques d’autrefois ont un sacré caractère, et leurs défauts d’alors sont leurs qualités d’aujourd’hui. Un bokeh tournant me fait tourner la tête, un bokeh à bulles me fascine sans préambule, les lentilles non traitées me font rêver, une grande ouverture et un sourire me fend la hure. Bref j’ai besoin de ma dose de vieilles optiques.

Bon, je poétise, je divague et je digresse, il est temps de passer aux images.

J’attaque avec mon Exaktar 55mm f1.4 :
(Années 70 - ici monté sur un Lens Turbo et utilisé sur un Olympus EM5.3)

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Je continue avec mon Angénieux 25mm f0.95.

Si l’on vous demande dans quels pays sont majoritairement produits nos objectifs, vous allez penser au Japon, voire au Vietnam avec Canikon, Sony, Olympus ou Panasonic… à l’Allemagne avec Leica et Zeiss… Mais certainement pas à la France. La France ? Des objectifs ? M’enfin !?

Et pourtant ! C’est bien chez nous que fût fabriqué l’Angénieux 25mm f0.95 M1 qui a rejoint ma besace en 2024 (trouvé sur Ebay).

C’est y pas beau, ça ?

Le 25mm f0.95 est un objectif en monture C qui a été développé en 1953 et est à la base un objectif pour caméra 16mm.

Comme le capteur micro 4/3 fait 17,3mm, il en résulte un léger vignettage qu’il faudra éliminer en post-traitement par recadrage, mais rien de rédhibitoire, on cadrera de manière plus large à la prise de vue afin de prévoir cette coupure des bords.

Il est donc très très compact pour un f0.95 ; rappelons que 25mm c’est la focale « normale » dans notre format micro 4/3, au cadrage équivalent à un 50mm en 24X36.

Voici quelques exemples de ce qu’il offre !

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Bonjour à tous,

Suite de mes aventures avec l’objectif du jour !

Mauvaise nouvelle en ce mois de juillet 2024 : une inattendue et terrible crise de SACOA m’a frappé au début de l’été. Moi qui pensait passer des vacances tranquilles. Ce fût violent, j’en ai pris plein la tronche. Foutue maladie.

Enfin, mauvaise, mauvaise, je l’ai un peu cherché aussi, je l’avoue. Parce que le dernier arrivé dans ma collection, j’y pensais depuis un sacré moment. Alors certes pas « tous les matins en me rasant » comme le disais un ancien président de la république, mais j’y pensais. Rarement en vente, je ne me posais pas trop la question de le posséder un jour. Juste trop rare et trop cher. Je zyeutais les annonces sans vraiment le chercher en fait. Il était là, dans ma tête, bel objet mais inaccessible et je me disais que l’envie m’en passerai.

Et puis, un matin que je furetais du M42 sur ebay, le voilà qui apparait dans la liste des annonces fraîchement publiées. Vous savez ce qu’on dit : c’est quand on ne cherche pas qu’on trouve. Comme quoi, les proverbes… Bref, le voilà sur mon écran, et moi, la sueur qui perle au front devant la surprise et la décision que je vais rapidement devoir prendre. Car son prix est en dessous de la moyenne constatée, il est propre pour son âge, le vendeur est un professionnel basé en France et accepte les retours. Tous les feux sont au vert pour que j’y aille !

Mais je n’y vais pas.

Je n’y vais pas parce qu’il faut quand même que je réfléchisse un peu. C’est qu’il n’est pas donné non plus le bestiau ! Je laisse s’écouler quelques jours qui relèvent de la torture, car je ne peux m’empêcher de regarder les annonces chaque matin, dans la crainte qu’il ne soit vendu. J’en ai envie et j’ose pas… Il va partir, c’est sûr. Punaise, le lendemain il est toujours là, il m’attends, me regarde, m’appelle, me supplie, il faut que je me décide. Je tourne en rond au point de commencer à creuser un sillon sur le parquet de mon salon. Tant pis, je rogne sur un autre budget. Je devais me racheter des batteries de rechange, elles attendront (les chinoises que j’avais trouvées pas cher pour mon EM5.3 ont fini par gonfler voire font déconner l’appareil, donc là terminé je reprends des Olympus même si ça triple le prix…).

C’est finalement au bout d’une semaine de tourments que je clique sur ce foutu bouton d’achat. C’est une libération. Bon au pire, si j’ai fait une connerie, je le renverrai. Après tout, puisque le vendeur le propose…

Encore trois jours de souffrance dans l’attente fiévreuse de l’arrivée du colis dont j’espère, sans y croire vraiment, que la Poste prendra soin. Tout peut arriver sur les centaines de kilomètres qui me séparent de son vendeur. Habiter dans les Pyrénées, c’est être loin de tout.

Fébrile, le jour J j’ouvre ma boite aux lettres, le colis est nickel, ouf, et enfin, me voici l’heureux nouveau propriétaire d’un…

**Leica Summarit 5cm f1.5 de 1957
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A part un léger dépoussiérage externe je n’ai rien à faire, les bagues tournent nickel, le diaph fait son boulot, les lentilles sont propres pour leur âge respectable de 67 ans. Il manque le bouchon avant, rien de grave. Malgré que ce soit un diamètre bien spécifique de 41mm, un bouchon chinetoque à ressorts de 40,5mm récupéré dans mon vaste bazar qui relève de la quincaillerie photographique tient très bien dessus. Le bouchon arrière fourni n’est pas d’origine non plus, c’est celui d’un Zénit tout ce qu’il y a de plus Soviétique, mais ça je m’en fous, le tout est que les lentilles soient protégées.

Ce n’est pas une faute volontaire, j’ai bien écrit 5cm et non 50mm f1.5 car c’est ainsi qu’était designée la focale des objectifs Leica à l’époque comme vous pouvez le lire sur la couronne frontale. Pourquoi en cm et non pas en mm, ça en revanche je n’en sais rien… Une coquetterie de Wetzlar ? Si vous avez la réponse, je vous invite à compléter ce fil !

Allez c’est parti pour les photos faites avec ce prestigieux ancêtre !

Nico Wayne Toussaint à Jazz In Marciac 2024

SACOA, je ne connaissais pas. Me voilà diagnostiqué :slight_smile: .

Du coup, je comprends maintenant que je souffre également de SACOB, objectifs bizarres. C’est grave, docteur?

;o) comment les défauts d’hier peuvent-ils devenir les qualités d’aujourd’hui ? On dirait un vieux couple où faute de courage on appris à se supporter ;o) Disons qu’on s’habitue à tout et que le SACOA peut aussi se concevoir comme une fuite en avant devant le coût actuel et immédiat d’objectifs de qualité consistant en l’achat répété d’objectifs de qualité (ou non) d’hier qui finissent par constituer des achats cumulatifs qui à la longue coûtent plus cher qu’un achat simple d’un objectif de qualité actuel. Un de mes autres arguments est qu’on peut toujours intervenir sur une image d’Hasselblad pour la faire ressembler à une faite avec un Holga (appareil bon marché à lentille unique plastique et montrant parfois un manque d’étanchéité à la lumière) mais l’inverse est carrément impossible. Mais… je ne nierai jamais le plaisir que d’autres peuvent trouver dans des activités que je ne pratique pas. Bonne continuation.